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ETHIQUE

  • Tous les prénoms utilisés dans la description de ma pratique sont nécessairement fictifs. De même, certains détails (jours, lieux..) de récits sont modifiés, ceci afin de respecter l'anonymat des personnes.

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DES PROJETS, BESOIN D'AIDE ?

08/03/2008

Un livre, un auteur

Rogers1_2 "Carl Rogers et l'action éducative", La Chronique Sociale, est le livre, depuis peu en librairie que je vous invite vivement à découvrir.

L'auteur, Jean-Daniel Rohart, enseignant, créateur d'une association à l'adresse des enseignants : L'ARPE, n'en est pas à son premier coup d'essai en termes d'écriture. Auteur de différents ouvrages, il sévit envers et contre tout sur le thème de sa passion : l'enseignement.

Pour en savoir plus : Le site de J-D Rohart

07/10/2007

Quand marketing et éthique font bon ménage

"Les attitudes des citoyens se calquent aujourd'hui sur celles des consommateurs (...). Devenus depuis une quinzaine d'années "acteurs" de leur consommation, les consommateurs ont créé une distance critique avec les offres de produits, marques, discours et systèmes de communication, quand ils les jugent inaptes à les séduire et à répondre de manière satisfaisante à la spécificité de leurs besoins. (...) De son côté, l'entreprise a compris qu'elle devait affirmer ses responsabilités par une offre mieux conçue et adaptée aux tendances de fond." Un des aspects positifs de cette prise de pouvoir du consommateur : "la substitution de la "valeur immatérielle ajoutée" de la marque par une valeur symbolique autocréée, par exemple dans la réhabilitation du "faire soi-même", du "consommer différemment", ouvrant à de nouveaux savoirs et un degré d'autonomisation rassurant et gratifiant. Une révolution a-t-elle eu lieu dans les relations entre "destinateurs" et "destinataires" ? En tout cas une redistribution des places respectives, qui tend à établir une relation "donnant-donnant", dans un rapport de pouvoir mieux partagé".

Danielle Rapoport, Psychosociologue, Directrice de DRC, Marketing Magazine, n°116, octobre 2007

"Les recettes du marketing de la demande ne fonctionnant plus, il est temps d'instaurer un réel dialogue d'égal à égal avec les consommateurs. Inventons le marketing collaboratif !"

François Laurent, Fondateur de ConsumerInsight, coprésident de l'ADETEM, Marketing Magazine, n° 116, octobre 2007.

La marque Dove l'a compris, les consommateurs sont devenus consom'acteurs. Ils réfléchissent, s'informent, revendiquent et osent enfin la critique. Le corps n'est pas une machine et le discours du dictat de la norme et des stéréotypes commence peu à peu à se désarticuler. Face à un tel frémissement qui, espérons le, deviendra grand, Dove, il faut le dire, ce n'est que du marketing... Mais puisque le discours est bon pour l'homme, l'essentiel à retenir est que le pari est gagné !

L'EDUC

Ils parlent du même sujet :

Tout pour elles

09/09/2007

Comment rendre l'éducation plus juste ?

Oeuvres_abstraites_et_arrire_plans_Une conférence dans le cadre des Entretiens du XXIè siècle organisés par le Bureau de la prospective de l'UNESCO.

Jeudi 13 septembre 2007

18H30 à 20H30

Maison de l'UNESCO

La séance sera présidée par le Directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, et animée par Jérôme Bindé, Directeur du Bureau de la prospective à l'UNESCO. Nicolas Burnett, Jan De Groof et Alain Michel participeront au débat en tant que discutants.

Inscription obligatoire au 01.45.68.46.68

Maison de l'UNESCO - Salle II - 125 avenue de Suffren - 75007 Paris

21/05/2007

Une question d'éducation au coeur d'une élection

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Il était une fois, Ségolène à la porte de la "maison des hommes"

Si les primates femelles "ont peut-être inventé les premières armes de l'humanité" (1), l'espèce humaine n'a toutefois pas manqué de construire ses relations sociales selon une thèse dite "naturaliste" de la différence entre les hommes et les femmes. L'homme serait "naturellement" comme ceci et la femme "naturellement" comme cela. Or si on peut affirmer que cette thèse est totalement intégrée dans l'inconscient collectif, il semble tout à fait légitime, à partir de ce constat, de pouvoir émettre l'hypothèse que l'une des raisons pour lesquelles Mme Royal n'a pas été élue au rang du chef de l'Etat pourrait résider dans les attributs assignés par le social qui détermine ce que l'on attend "légitimement" d'une femme. Une question d'éducation nichée derrière une élection ? Une hypothèse très probable.

Ségolène s'est invitée dans la "maison des hommes", "lieu multiple et pluriel où, à l'abri du regard des femmes, se construisent, se génèrent et se regénèrent le masculin, ses attributs et ses privilèges de genre - comme les stades de foot, les cafés et l'ensemble des lieux et groupes monosexués où les femmes sont exclues de facto" (2). M. Nicolas Sarkozy, maître de maison a accepté d'échanger avec elle en précisant qu'il ne la considérerait pas comme une femme mais bien comme un candidat à l'Elysée avec lequel il allait débattre devant les citoyens français. L'énoncé n'a pas été relevé. Il n'a pourtant pas manqué d'être exprimé à plusieurs reprises sur des chaînes de télévision à des heures de grande écoute, quelques jours précédant le débat télévisé qui allait opposer les deux candidats.

Quid, peut-on alors se demander, de la situation ou son adversaire aurait été de couleur et que de la même manière, M. Sarkozy aurait précisé qu'il ne le considèrerait pas comme un noir mais bien comme un candidat ? Si l'on émet l'hypothèse que le combat qui aurait été mené face au racisme inhérent à cette situation imaginaire, aurait, à juste titre, trouvé sa légitimité auprès d'une majorité de citoyens, comment peut-on expliquer que le sexisme de cet homme politique qui annonce qu'il n'abordera pas son adversaire comme une femme, passe totalement inaperçu ? Le sexisme n'aurait-il pas le droit d'être nommé et dénoncé au même titre que le racisme ? Existerait-il une différence de gravité entre l'atteinte à la couleur de peau et l'atteinte liée à l'appartenance d'un sexe ?

Eric Fassin, sociologue et professeur à l'Ecole Normale Supérieure apportait un début de réponse à cette question dans un article publié dans Libération le 13 février 2007 : "Ségolène Royal n'ose plus crier au sexisme au moment même où elle le subit de plein fouet. Il y a quelques mois encore face à ses adversaires socialistes on sait qu'elle n'hésitait pas à user de cette arme politique. Certains diront qu'à force de crier au loup, nul ne l'écouterait plus. Mais c'est bien autre chose qui se joue aujourd'hui : dénoncer le sexisme impliquait d'être et de se mettre en position de lui résister. (...). A répéter désormais sans cesse qu'elle est une "femme debout", ne nous suggère-t'elle pas combien, en politique, cette alliance de mots n'a rien d'évident ? A en coire certains, "elle l'a bien cherché", en jouant sans vergogne de la séduction féminine, plutôt que d'un féminisme authentique."(3)

Mais qu'est-ce qu'un féminisme authentique ?

Les travaux de recherche du psychanalyste américain R. Stoller sur l'identité sexuelle (4) ont permis de mettre en avant que le sentiment d'être une fille ou un garçon s'établit avant la prise de conscience de la différence organique des sexes. Avant l'âge de deux ans, l'enfant s'inscrira dans l'identité de genre qui lui sera assignée par son environnement familial (la métaphore du rose pour les filles et du bleu pour les garçons). Il apprendra au cours de son éducation qu'une fille ou un garçon fait ceci ou ne fait pas cela. En d'autres termes, les caractéristiques dites "innées" de l'homme et de la femme, ne sont, dans leur ensemble, que des représentations sociales si bien ancrées depuis des siècles qu'elles sont transmises, par le père autant que par la mère, de manière quasi inconsciente, au cours des générations. Et les différences s'inscrivent globalement dans une polarité qui se résume de manière schématique au plus et au moins. A l'homme sont attribuées les qualités jugées positives de la nature, la force, le courage, la combativité, la résistance, la pugnacité, tandis que la femme, à l'opposé du pôle positif, est jugée naturellement sensible, compréhensive, douce, aimante et douée d'un savoir-faire dès le premier cri de son petit.

Ainsi, la femme, pour être acceptée en terme social, doit "faire la femme" (tout comme l'homme est convié à "faire l'homme" sous peine d'être relégué au rang social d'une sous-femme, nommé "pédé" dans un langage raffiné). "Faire la femme" dans la "maison des hommes", c'est adopter les comportements de la mulièrité, "statut conféré aux femmes par les rapports sociaux de sexe" définit par M. C. Dejours, psychiatre et psychanalyste, professeur de psychologie au CNAM. Etre compréhensive, maternante, voire paraître naïve dans des domaines considérés comme relevant du masculin sont autant d'attitudes de défense que doivent utiliser certaines femmes dans des situations où il n'est pas permis de se mesurer ouvertement aux hommes sous peine de se heurter à leurs représailles, très souvent symboliques.

En proclamant, main sur la poitrine, qu'elle était mère de quatre enfants et qu'elle souhaitait à tous les enfants du pays ce qu'elle avait voulu pour les siens, Mme Royal adoptait le comportement de genre socialement attendu d'une femme. Mais probablement pas pour gouverner le pays. A contrario, en étant offensive face à un adversaire prêt à jouer judicieusement le jeu de l'inversion des rôles, (le comportement de M. Sarkozy a en effet globalement été classé dans le registre de la docilité, voire de la soumission), Ségolène (facilement désignée par son prénom dans les médias), femme de son état, a été actrice d'un débat politique télévisé qui mettait en scène une femme qui jouait dans la cour des hommes en osant publiquement aller sur le terrain guerrier de l'agressivité et de la colère. Or, si la colère des hommes est jugée virile et donc positive, celle des femmes est perçue comme la preuve d'une perte de sang froid apparentée à l'hystérie. Mme Royal en tenue de femme, a donc osé défier publiquement un homme en utilisant ses propres armes. La sanction sociale l'a donc jugée ridicule et impertinente. Il est ainsi fort probable que nombres d'hommes et de femmes d'une génération largement représentée dans l'électorat  français, ne lui ait pas pardonné cette transgression publique.

N'oublions pas en effet que ce sont les adhérents du parti socialiste qui ont promu Mme Royal au rang de candidate à l'élection présidentielle. Des partisans que l'on pourrait qualifier de "nouvelle génération" puisqu'ils se situent dans la tranche des 18-25 ans. Au grand désespoir de M. Strauskann et autres ténors du parti, ce ne sont pas les révolutionnaires de 68 qui ont désiré qu'une femme soit à la tête de l'Etat, mais bien une nouvelle génération, peut-être prête à renégocier les rapports entre les sexes. Notons à ce propos que si c'est la loi sur la parité votée en 2000 par le gouvernement Jospin qui a permis à Ségolène Royal de suivre son parcours, le Monde du 12 mai 2007 nous rappelle "qu'à l'époque, ses défenseurs affirmaient que les femmes, pour leurs qualités supposées "naturelles", étaient plus concrêtes que les hommes, plus proches des électeurs, plus soucieuses des problèmes quotidiens, moins préoccupées par l'ambition et la compétition. Pour réenchanter la politique, renouveler le visage des élus et lutter contre la supposée crise de la représentation, il fallait donc que les femmes arrivent au pouvoir." (5)

Des attributs naturalisés qui ont amené les femmes à être représentées dans les secteurs dits de "reproduction", soit l'éducation, le soin et le social pour laisser aux hommes une large place aux métiers dits "productifs". Cette répartition sexuelle des rôles a été définie par la sociologue D. Kergoat : "La division sexuelle du travail a pour caractéristique l'assignation prioritaire des hommes à la sphère productive et des femmes à la sphère reproductive ainsi que simultanément la captation par les hommes des fonctions à forte valeur ajoutée (politiques, religieuses, militaires, etc.). Cette forme de division sociale a deux principes organisateurs : le principe de séparation (il y a des travaux d'hommes et des travaux de femmes) ; le principe hiérarchique (un travail d'homme "vaut" plus qu'un travail de femme)." (6)

" Ce n'est donc pas un hasard si la présidentiable socialiste a choisi de s'identifier à la "démocratie participative", prolongement naturel du créneau reservé aux femmes : la société civile", précisait Eric Fassin dans Libération le 13 février 2007.

Enfin, si certains auteurs ont pu reconnaître voire dénoncer le fait que M. Royal avait été l'objet d'attaques manifestement machistes et ce, avant tout dans son propre camps (souvenons-nous du fameux "qui va garder les enfants ?" de M. Fabius), il est à noter qu'elles n'ont pas été exclusivement portées par des hommes. Les déclarations de Mme Aubry sur les "mensurations" de Mme Royal et les commentaires de Mme Alliot-Marie sur ses "jupes" sont une belle illustration de l'attitude de complicité de certaines femmes dans la dynamique sexiste. Des femmes qui parlent en lieu et place des hommes, espérant peut-être les amener à oublier qu'elles sont elles aussi, des femmes "dans la maison des hommes".

Entre la mulièrité et la "maison des hommes" on peut donc se demander quel devra être le comportement socialement requis de la prochaine femme qui aura le désir, dans l'avenir, de "frapper à la porte de la "maison des hommes"" (7) et de représenter une société qui, on ne peut que l'espérer, aura évolué dans son savoir-être mais aussi dans sa manière d'éduquer.

Isabelle Buot-Bouttier

Remerciements à Mme Gaëlle Sevellec pour sa contribution.

Notes :

1 "Les femelles, ces guerrières..." Libération, 23 février 2007

2 "Déconstruire le masculin, problèmes épistémologiques", Welzer-Lang D. (1999)

3 "Le sexisme en campagne", Eric Fassin, sociologue, Professeur à l'Ecole normale supérieure, Libération, 13 février 2007

4 "Recherches sur l'identité sexuelle à partir du transsexualisme", Stoller R.J. (1978)

5 "Les femmes ont encore du mal à accéder aux positions politiques prestigieuses", F. Matonti, Professeure de Science Politique à l'Université Paris-I, Le Monde, 12 mai 2007

6 "Le rapport social de sexe. De la reproduction des rapports sociaux à leur subversion" in Kergoat D? Actuel Marx, 30, (2001)

7 "Le cas de femmes peintres en bâtiment et peintres décoratrices : une oscillation entre féminin et masculin - La passion comme idéalisation défensive : un processus créatif invitant à repenser la catégorisation des défenses comme appartenant à un unique genre", Gaëlle Sevellec, Mémoire présenté en vue de l'obtention du diplôme de Psychologue du travail, Cnam, juin 2007. 

10/05/2007

Le conservatoire national des archives et de l'histoire de l'éducation spécialisée

26_2Le Cnahes, Conservatoire nationale des archives et de l'histoire de l'éducation spécialisée est crée en 1994. La déclaration publiée au J.O. du 3 août 1994 mentionne comme but :

« Recueillir les témoignages des premiers acteurs du secteur de la protection de l'enfance et de l'adolescence ; créer un centre de repérage, recueil, conservation, exploitation des archives de ce secteur ; faciliter la rencontre de tous ceux qui sont soucieux de son histoire ; contribuer à la diffusion et à la valorisation des études, recherches et enseignements sur ce sujet ; transmettre ce patrimoine aux acteurs d'aujourd'hui et de demain ».

Pour consulter le site : Le Cnahes

29/04/2007

Une question de gênes

Au-delà de toute idéologie et de toute orientation politique, thématiques non avenues sur ce blog, je fais le choix d'évoquer ici le récent énoncé de M. Sarkozy au sein de la revue Philosophie magazine. Le candidat à la présidence de la République donne sont point de vue sur le thème de l'inné et l'acquis à travers la question de la pédophilie et du suicide des jeunes.

Des scientifiques répondent à cette question sur la vidéo ci-dessus. Or, je m'inscris, en tant que professionnelle de l'éducation, dans une profonde convergence avec le discours des scientifiques interrogés. Dire que l'on puisse naître pédophile ou suicidaire, c'est refuser d'un bloc, un siècle et bien plus encore de travaux en médecine, neurologie, psychologie, philosophie, sciences éducatives et plus largement en sciences humaines, c'est désigner un coupable aux maux que l'on ne veut affronter et prendre ainsi le risque de flirter avec l'idée de l'éradiquer, c'est condamner une personne et à travers elle toute l'humanité, à ne jamais pouvoir évoluer ; Dire que la pédophilie ou l'état suicidaire est inné, c'est tout simplement énoncer qu'il existe des gênes du mal.

En espérant profondément qu'il ne sera plus nécessaire de le dire à nouveau, on ne naît pas pédophile, délinquant, meurtrier, déprimé, alcoolique, drogué, suicidaire ou plus simplement malheureux. On le devient. On comprend alors toute l'importance du contexte environnemental d'un enfant qui grandit. On saisit alors tout le sens, pour une société, que revêt la notion d'éducation.

Isabelle Buot-Bouttier

"Que chacun s'efforce, dans le milieu où il se trouve, de témoigner à d'autres une véritable humanité. C'est de cela que dépend l'avenir du monde." Albert Schweitzer - A l'orée de la forêt vierge

21/03/2007

Réparations pénales pour mineurs à l'Université de Nanterre

La_direction

Les médias, à tort ou à raison, n'ont jamais autant parlé des mineurs auteurs de délits que ces dernières années. Si le sujet est moins d'actualité au cours de cette campagne présidentielle que durant celle de 2002, le débat concernant les mesures à prendre face aux délits des mineurs reste toutefois bien présent dans les discours et ne manque pas d'opposer les partis. Voici dans ce contexte, un exemple de mesure de réparation pénale pour mineurs. Une action mise en place dans le cadre d'un partenariat entre la projection judiciaire de la jeunesse et l'Université de Nanterre.

Le poète Jacques Prévert peut reposer en paix*, le temps des bagnes pour enfants est fort heureusement révolu. Des lieux de détention ou orphelins, vagabonds, voleurs et auteurs de délits, étaient sensés suivre "le droit chemin et apprendre un métier". Ils étaient, en tout cas, bien souvent fortement maltraités. Dans un contexte de relative conscience sociétale, ces centres fermeront les uns après les autres.

En 1945, le pays s'inscrit dans un renouveau et dans un discours officiel de l'ordre de "plus jamais çà". Le 2 février, une ordonnance permet une distinction juridique, et de fait symbolique, entre l'enfant et l'adulte. Le mineur auteur de délit sera avant tout considéré comme un enfant à protéger, la délinquance étant appréhendée comme le passage à l'acte dont la cause principale demeure, la souffrance. L'ordonnance de 45, comme on la nomme dans le jargon du milieu éducatif, instaure alors la primauté de l'éducatif sur le répressif. Un thème qui ne manque de faire encore parler de lui, donnant parfois l'impression que 1945, c'était hier ! Digne représentante de l'histoire de leur métier, les éducateurs se référent à l'ordonnance comme le pape au livre saint et ne peuvent souffrir qu'il soit envisagé de la modifier. Elle l'a pourtant été un nombre considérable de fois.

Ce sera à partir de cette ordonnance que le monde des mineurs sera alors appréhendé et que la justice à leur égard se mettra en place. Depuis, le juge des enfants intervient auprès de l'enfant victime (c'est le cadre de la protection de l'enfance), ainsi qu'auprès de l'enfant auteur de délit (cadre de l'ordonnance de 45). On dit qu'il a une double casquette.

Lorsque le jugement est prononcé, le mineur auteur est confié au service de protection judiciaire de la jeunesse qui dépend du ministère de la justice. Le jeune sera alors suivi par un éducateur du dit service.

L'ordonnance de 45 permet au juge de décider de mesures de réparations pénales, une alternative à la prison qui ne manque pas d'intérêt. Il est d'ailleurs très regrettable que ces mesures ne soient pas plus souvent appliquées (sans évoquer la lenteur de la justice qui amène parfois un jeune à être jugé plusieurs années après le délit !). Elles sont en effet porteuses de sens, elles tentent d'inscrire le mineur délinquant dans la prise de conscience et relèvent de la notion de citoyenneté.

A Nanterre, la Protection judiciaire de la jeunesse a développé un partenariat avec la ville et avec l'université Paris-X. "Avec deux chercheurs en sciences de l'éducation, spécialisés dans le domaine des violences scolaires, nous avons développé un programme permettant d'accueillir des jeunes devant effectuer une mesure de réparation" explique Jean-Luc Guinot, chef de service des moyens généraux et de la sécurité, dans le magazine municipal d'information de la ville "Nanterre info" de mars 2007. Une action qui semble issue des réflexions menées au sein du "Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance", une instance peu appréciée des éducateurs spécialisées puisqu'elle réunit police, élus et lorsqu'ils acceptent d'y siéger, représentants d'Associations socio-éducatives. Les éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse (qui exercent uniquement pour le ministère de la justice contrairement aux éducateurs spécialisés qui ne peuvent exercer pour ce ministère. La formation n'est par ailleurs pas la même) semblent moins complexés puisqu'ils n'hésitent pas à s'inscrire dans des partenariats de ce type. Une posture qui semble leur permettre de réaliser des actions concrètes valorisées par des résultats.

"Cette alternative aux poursuites pénales vise à amener le mineur délinquant à prendre conscience de son acte, des torts causés à la collectivité ou à la victime, tout en réinstaurant avec lui un lien positif" précise "Nanterre info". Ainsi, durant une semaine, les jeunes concernés sont stagiaires de l'Université. Ils accompagnent durant la matinée les chargés de sécurité et participent aux activités sportives. L'après-midi, l'unité d'aide aux victimes (AVI) les accompagne autour d'une réflexion. Il est question de réfléchir à la situation de la victime. L'idée est pour le jeune de "revisiter" son acte et ses conséquences. Le mineur devra écrire un rapport à la fin de son stage, le chef de service des moyens généraux et de la sécurité en fera de même. Ils seront alors remis au juge.

Particulièrement adaptée aux primodélinquants, cette mesure de réparation vise à éviter une récidive. "Des cinq jeunes à l'université en 2006, un seul a récidivé dans les six mois qui ont suivi la sanction". Nanterre info.

Des mesures qui mériteraient d'être multipliées à l'infini...

Isabelle Buot-Bouttier

* Référence au poème « la chasse à l’enfant » de Jacques Prévert.

23/02/2007

Le congé de paternité

Cowboy_1Pour qu'il ne s'agisse plus d'une grande aventure de cow-boy solitaire, sur "L"EDUC", en exclusivité, un dossier-liens sur le thème du congé de paternité, à mettre entre toutes les mains, des pères du monde entier...

L'EDUC

Le congé de paternité, sites d'informations :

Infobebes   Cohesionsociale.gouv.fr   Educaloi   Lesjeudis.com

31/01/2007

Petit traité de "l'Enfant Roi"

Personnes_942_4Nos gamins sont mal éduqués. Ils ont le nez qui coule, ne disent pas bonjour à la dame et boivent du coca-cola américain à longueur de journées. Face à ce constat désolant, point de demi-mesure, il faut rétablir l'ordre Républicain.

"Travail, Famille, Patrie". Un remède simple qui cloue le bec à toutes les préconisations psychologisantes de ce début de siècle. Le mal ne peut plus proliférer ainsi, il est urgent de l'éradiquer. Le port de la blouse, le retour à la non mixité, la Marseillaise dès la première heure de cours, le bonnet d'âne et la règle qui cingle les doigts des malotrus, sont les premières mesures qu'il faut prestement rétablir dans les écoles de nos petites têtes brûlées. Pour leurs aînés, le retour au service militaire pour apprendre l'allégeance à leur patrie nourricière. Quant aux plus récalcitrants, le bagne n'a-t'il pas fait ses preuves en son temps?

Voici une sorte de mise en bouche d'un programme que pourrait peut-être nous offrir notre parti national d'extrême droite face au problème de société que représente "l'enfant roi".

Un problème qui glisse entre les doigts car le Chimilimilblik "enfant roi" n'a pas d'odeur, pas de couleur, pas d'age, ni d'origine. Toutefois, et fort heureusement, il a une particularité qui permet de le reconnaître au milieu de ses semblables. Il crie volontiers, tape des pieds, exige, est impatient, intransigeant, égoïste, boudeur, moqueur et souvent, au fil du temps, manipulateur. "L'enfant roi" est un petit d'homme intelligent qui ne manque pas d'apprendre la vie à ses parents.

Si l'on estime que son comportement est un problème dont le protagoniste et son environnement souffrent. Si l'on constate, en y réfléchissant bien, que l'on en croise de plus en plus souvent, en faisant ses courses, peinard, dans son petit supermarché de quartier. Si l'on prend conscience de cela, alors, ne serait-il pas temps de reconnaître que nous sommes face à un vrai problème de société ?

Dans la mesure où la théorie des gènes du mal est une pantalonnade sur laquelle il serait perte de temps de s'attarder, quelles pourraient être les causes d'un tel comportement ? Un travail éducatif de terrain permet de repérer un environnement propice à la genèse de cette problématique. Une mère souvent isolée, dépassée, un père absent physiquement et/ou psychiquement et un enfant qui joue son rôle, celui de tester l'adulte pour se confronter aux limites de la relation et plus globalement à celles du monde. Des limites qui représentent un cadre dont le gamin a besoin pour se rassurer face à l'infini et pour se construire. Or, si le parent est fragilisé, s'il doute, s'il confond l'éducation qu'il a reçue avec celle qu'il doit donner, s'il ne peut s'empêcher de voir en son gamin, celui qu'il a été, s'il croit que l'amour suffit pour éduquer ; il peut céder à la tentation de dire plus souvent oui que non. L'adulte tente ainsi d'être en paix (ce qui est un leurre) et se rassure en pensant que de cette manière, il prouve à son enfant combien il l'aime. Le parent pourra d'autant réagir de cette manière s'il a souffert de privations durant sa propre enfance. Une sorte de compétition affective entre les deux parents, notamment lorsqu'ils sont séparés, peut être également un enjeu dans ce contexte. Enfant et parents, englués dans un "jeu" pernicieux seront dés lors, pris dans les tourments d'un cercle vicieux puisque le gamin ayant nécessairement besoin de repères clairs et de limites, continuera à pousser le parent dans ses retranchements. Des enfants en arrivent ainsi à commettre des délits et à prendre le chemin de la délinquance, juste pour continuer à tester les limites du monde adulte auxquelles il ne parviennent pas à se confronter. Nombre de jeunes des quartiers sont pris dans les filets de cette problématique.

Le phénomène semble particulièrement toucher les familles mono-parentales, mais pas seulement. Le lien entre toutes les familles qui vivent ces situations reste l'absence, l'incohérence ou la non suffisance d'un cadre éducatif, de repères, d'interdits, soit de frustration. Un rôle, qui de manière symbolique et concrète est dévolu au père, ou au beau-père, sans toutefois exclure la mère de ce positionnement. Un rôle dévolu à "l'autre" qui vient faire tiers dans la relation entre la mère et l'enfant. Un "autre" qui saura, quand cela est nécessaire, jouer le mauvais rôle de la frustration. En effet, dire non, poser des limites, c'est prendre le risque durant quelques temps, de ne pas être aimé, voire d'être détesté par l'enfant. Il est préférable de ne pas avoir subi soi-même trop de carences affectives pour pouvoir accepter et supporter l'attitude réactive de l'enfant. Une situation dans laquelle se retrouvent souvent les éducateurs. Rien de valorisant ! Or, si le parent (tout comme l'éducateur), vit de manière difficile cette colère reçue de l'enfant, ce dernier le ressentira et mettra alors en doute la légitimité de cette frustration. En termes plus clairs, le parent, père, mère ou l'éducateur qui pose un interdit doit être convaincu de l'aspect bénéfique et constructif du message qu'il adresse à cet instant à l'enfant. Un gamin n'accepte et n'intègre que ce qui est juste et perçu comme tel par l'adulte qui pose l'acte. Bien sur, l'idée n'est pas de poser des interdits à chaque instant de la vie de l'enfant. Certains parents ayant subi cette forme d'éducation "à la dure" pensent qu'il est bon d'en faire autant avec leur enfant. Les conséquences sont tout aussi désastreuses. Le gamin vit un sentiment intérieur d'injustice et de révolte qu'il peut retourner contre lui ou agir contre autrui. Une certaine souplesse, une grande cohérence et une bonne mesure sont donc les maîtres mots. Plus facile à dire qu'à agir, bien entendu ! Mais l'idée est que l'enfant sache qu'il est des choses avec lesquelles le parent ne négociera pas et que c'est bien parce qu'il aime son enfant que les choses sont ainsi. Il est également important de mettre des mots sur les raisons de l'interdit. Il faut que la frustration ressentie par l'enfant ait un sens.

Tout ceci fait partie du travail de socialisation de l'enfant, il s'agit de lui apprendre à "faire société". Et c'est sur ce point que se niche la difficulté de "l'enfant roi", faire société, aller vers, échanger, partager, accepter les limites et les oppositions de l'autre. Le gamin-roi, centré sur son plaisir qu'il estime devoir être satisfait selon ses exigences ne se soucie pas de son environnement qu'il n'a d'ailleurs guère envie d'aller découvrir.

Un enfant, adolescent, puis adulte qui, si l'on n'y prend garde, sera le prototype de l'individualiste intégriste de demain.

Isabelle Buot-Bouttier.

Référence bibliographique :

"Pourquoi l'amour ne suffit pas", Claude Halmos, Editions Nil.

03/12/2006

Maltraitance organisée en "Centres éducatifs" américains

                        Nature_131_4                     

Alva, Educatrice spécialisée, rédactrice du blog "Le monde d'Alva", m'adressait il y a quelques temps, un message pour attirer mon attention sur une note qu'elle venait de rédiger sur son blog. Voici l'histoire.

"Les Etats-Unis sont vraiment un pays surprenant. Sous prétexte d’éducation et avec une volonté exprimée de « normer » leur progéniture, des parents, souvent manipulés, sont capables de payer 30 000 dollars pour envoyer leurs enfants en enfer. Les centres de WWASP (world wide association of specialty programs and schools), n’ont rien a envier à Guantanamo ou à la prison d'Abou Ghraïb. Ils sont installés en Jamaïque, au Costa-Rica, au Mexique et dans l’Utah, état Mormon, dont la "philosophie" est pour beaucoup dans l’origine du projet.

En fait d’éducation, les jeunes y sont torturés nuit et jour : coups de matraque électrique, utilisation quotidienne de gaz paralysant, cachot dans lesquels les enfants sont maintenus au sol pendant des jours voir des mois, privation de nourriture, abus sexuels… WWASP poussant même le vice jusqu’à filmer les jeunes à la manière d’otage afin de donner des nouvelles a leurs parents !! Suite à des contrôles, le Mexique et le Costa Rica ont réussi à faire fermer les centres WWASP situés sur leur territoire mais malgré les plaintes et les procès de certains parents, WWASP continu son bisness sans grand soucis. Il est vrai que le dirigeant de WWASP est un des plus généreux donateur du parti Républicain !!

Il est aussi bon de rappeler que les Etats-Unis sont avec la Somalie, les seuls pays n’ayant pas ratifié la charte des Nations Unies sur la protection de l’enfance."

Par Alva, lundi 15 mai 2006 (certes, j'ai mis un peu de temps à vous faire part de l'information...) : Le site d'Alva

Plus d'infos :
La honte de Tranquility Bay
Desperate measures
TEENLIBERTY

21/09/2006

Le système éducatif marocain, source d'inspiration pour la France

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Début septembre, soit quelques jours avant mon départ en congés, j'apprenais que les écoles faisaient à présent office de boites de conserve pour les tirs à la carabine. Deux jours plus tard, je m'envolais pour le Maroc, bien décidée à oublier, pour quelques temps, la situation pathologique du système éducatif français. Mais je fus une fois de plus rattrapée par ma curiosité, lorsque l'évènement de la rentrée scolaire au pays marocain, fut venu.

Le roi du Maroc, Mohammed VI a récemment mis en place un Conseil supérieur de l'Enseignement qui "constitue la concrétisation d'une volonté nationale de tous les marocains et une consolidation du rôle de l'école, considérée comme un pari pour l'avenir".* L'objectif principal, selon différents médias du pays est de lutter contre la déscolarisation. La réforme en cours se décline en différentes mesures et la France pourrait tout particulièrement s'inspirer de l'une d'entre elles. M. El Malki, ministre de l'éducation nationale, de l'Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la recherche scientifique du Maroc évoquait cette orientation lors d'une récente intervention sur la première chaîne de la télévision marocaine. Le thème en substance est "la famille et l'école : ensemble pour la promotion de la qualité". Il vise à l'occasion de cette nouvelle rentrée scolaire à "intégrer les familles marocaines dans le système éducatif pour créer une interaction et complémentarité positives entre les famille et l'école et donner une forte impulsion à la réforme de l'enseignement".* De manière concrète, il s'agit d'amener les familles à s'inscrire dans un véritable investissement face à la scolarité de leur enfant. Ainsi, la veille de la rentrée scolaire à Fez (et peut-être même dans tout le pays marocain) est un jour de fête aux allures de carnaval. Une occasion de rencontre entre parents, enfants et professeurs sur une note ludique. Des temps d'information et d'échanges plus formels sont également prévus tout au long de l'année.

Un thème et des actions concrètes qui pourraient être sources d'inspiration sur le sol français en utilisant également des campagnes de communication autour de l'école et de la citoyenneté. Ma pratique de terrain m'amène en effet à constater que l'importance de la scolarité et le suivi des enfants par leurs parents en termes d'assiduité et de soutien scolaire n'est pas suffisamment consciente pour certaines familles. Or, on sait combien l'échec scolaire peut-être source de violence. C'est pourquoi il semble important que cette prise de conscience, en lien avec la notion de citoyenneté, soit un axe de communication des pouvoirs public, une orientation de travail au sein même des établissements scolaires (en lien étroit avec les familles) et le coeur d'intervention des travailleurs sociaux. Quant aux objecteurs invétérés qui prôneront le sempiternel refrain de la pauvreté et de l'exclusion pour mieux nous prouver que certaines familles ne sont pas en mesure de s'investir, je leur raconterais cette anecdote dont un professeur marocain m'a fait part. Un de ses élèves, issu d'une famille pauvre, lui a récemment confié qu'il avait découvert à l'âge de 16 ans que sa mère, avec laquelle il avait passé des années à travailler ses leçons le soir, à la sortie de l'école, ne savait pas lire. Elle avait un jour tenu le livre de son fils à l'envers, c'est comme cela qu'il découvrit avec une certaine tendresse que sa mère était analphabète.

Isabelle Buot-Bouttier

* Journal marocain Al Bayane, parution du 18 septembre 2006.

27/08/2006

La violence à la télévision, rapport ministériel.

Agriculture_et_industrie_46_1Dans l'idée de faire cesser la rumeur que les politiques ne font rien, voici au moins la preuve qu'ils écrivent :

"La violence à la télévision" - Rapport de Mme B. Kriegel - 2002 - Ministère de la Culture et de la Communication

10/08/2006

Du rose pour les garçons et du bleu pour les filles

Photo_111_2 Vous avez déjà dû la voir, peut-être sans même vous en rendre compte, en dînant, en papotant avec des amis, en aidant le petit dernier à réciter sa poésie ou en buvant un apéritif bien mérité, après avoir supporté durant des heures l'incompétent qui joue le rôle de votre patron. Elle, elle opère sous le nom de Titi, mais si, souvenez-vous celui que Rominet ne parvenait jamais à croquer ! Elle fait appel au monde de l'enfance, elle berce insidieusement notre capacité de discernement, elle nous chante une berceuse, elle nous dit que tout va bien, que le monde est une armoire à cases et que chacun d'entre nous peut se lover avec béatitude dans le petit tiroir qui lui correspond.

Elle, c'est une publicité, une parmi tant d'autres. Elle s'adresse à vos petites filles et d'une certaine manière aussi, aux petits garçons et sous un angle un peu plus large encore, aux hommes et aux femmes. Elle promet à la petite fille de pouvoir se représenter la femme qu'elle sera, elle dit qu'avec cette dînette de Titi, elle pourra préparer à manger, comme maman. Sur le même temps de spots publicitaires, des femmes expliqueront pourquoi elles préfèrent utiliser la lessive "Lave bien", ou la couche "pipi stop". Parce que préparer à manger, laver le linge et changer la couche du dernier, elles le valent bien ! Un peu avant, ou bien après, un autre petit flash dira "pour nous les hommes !". La publicité est rassurante parce qu'elle assoit solidement chacun à sa place, dans un monde moderne, au sein d'une société qui revendique la liberté de penser. Pensez-vous que les publicités qui sévissent en Israël, en Palestine, au Liban et autres contrées paisibles promettent aux petits garçons qu'en achetant le beau pistolet en plastique, ils pourront faire semblant de tuer, comme papa ?

Enfin, si l'identification parentale est une étape nécessaire pour l'enfant, ne serait-il pas plus épanouissant de proposer aux gamins une palette plus large que celle qui sévit encore sur le rôle du papa et de la maman, soit de l'homme et de la femme au sein de notre société ?

Aidons l'industrie du textile, habillons indifféremment nos petits et petites d'homme, en rose et en bleu...

Isabelle Buot-Bouttier.

Photo : Tableau de Marya Da Pena.

08/07/2006

L'amour dans les quartiers

Nature_130_1Etre amoureux, quand on a quinze ans, dans la cité, ça doit certainement se passer tout naturellement, avec autant de doutes que d'instants magiques, quelques larmes, un imaginaire infini, du rêve et des sentiments couleur de l'adolescence. La littérature parle de premiers émois, un instant de vie fragile et délicat dont le parfum colorera l'âme à tout jamais. La chose est précieuse, c'est pour cela que les relations affectives de certains jeunes sont préoccupantes. Il se trouve en effet que l'amour dans les quartiers, c'est aussi la loi de la rue, un climat machiste qui ne ménage pas tout ce qui n'est pas un "mec".

Les filles qui s'inscrivent dans des actes de pré délinquance, voire de délinquance, dans mon expérience de terrain, sont très minoritaires. Bien que ce constat ne permette pas de dire qu'elles ne sont pas en difficultés, on remarque toutefois qu'elles rencontrent beaucoup moins de problèmes scolaires et ont une vie sociale beaucoup plus structurée que les garçons puisque régie par un rythme de vie familiale et des règles à respecter. Dans ce contexte, elles investissent très peu la rue qu'elles laissent, sans trop de choix, aux garçons, ce qui explique que le territoire, c'est à dire l'espace commun de vie dans les quartiers est masculin.

Toutefois, quelques demoiselles échappent à la règle en intégrant, voire en menant des groupes de garçons parfois plus jeunes qu'elles ne le sont elles-mêmes. Leur féminité étant probablement dans le contexte, une fragilité, on constate alors souvent qu'elles se masculinisent afin de se protéger, au point que l'on puisse, pour certaines, les confondre avec des garçons. Ces derniers en oublient alors parfois qu'elles sont des filles, ainsi, le discours de la rue peut-il prendre toute sa dimension puisque garçons et filles (qui s'identifient aux garçons) se sont accordés sur des repères sociaux communs. Les attitudes, les comportements et le langage représentent le vecteur de cette forme de "code social" singulier. Ce code est régi par des règles tacites et multiples en terme d'interactions sociales. L'un de ces "principes de fonctionnement" est celui de la domination masculine. Oppression au sein de laquelle la fille est assujetti à la volonté, au désir et au plaisir de l'homme. La "meuf" est "bonne", c'est à dire sexuellement excitante et potentiellement objet de satisfaction libidinale, ou ménagère, soit assignée aux rôles estimés dévolues au féminin parce que dégradants pour la gente masculine (mais ne s'agit-il pas finalement ici d'une représentation qui traverse toutes les générations ?). Un jeune m'a confié récemment aller de temps en temps en Thaïlande pour prendre du bon temps avec des filles qui ne feront pas de manières (dont certains payent parfois les services), tandis que sa copine officielle, devant rester vierge jusqu'au mariage, attend sagement le retour de Roméo. L'idée que je me suis permise de suggérer quant à sa propre réaction si son amie avait le même comportement n'a pas manqué de faire sourire Casanova. Impossible ! m'a-t'il répondu. "Elle est bien trop conditionnée pour cela !" semblait-il penser. Et si la situation devait se produire, la réputation de la jeune fille, sur le quartier, serait de toute manière entachée à tout jamais !

Mais il est bien plus grave que cela, je fais référence ici à la question des "tournantes", ces viols collectifs qui voudraient souvent se faire passer pour des petites bagatelles d'adolescents boutonneux. Bien sur, et fort heureusement, la chose n'est pas monnaie courante mais son existence bien réelle, sa répétition, sur des territoires, des quartiers et des temps différents, ce simple fait, représente un drame au sein du monde des adolescents et jeunes adultes. Et de manière plus large, au sein même de la société. Il se trouve qu'une équipe au sein de laquelle j'ai travaillé a été confrontée à ce type d'évènement. Il y a quelques années de cela, un groupe d'adolescents venus se "poser" au local des éducateurs raconte un "bon moment" passé à plusieurs avec une fille. Celle-ci, selon les protagonistes, n'aurait manifesté un "certain refus" qu'à partir du "passage" de plusieurs garçons. Je n'en sais guère plus, je ne travaillais pas au sein de cette association à cette période, je ne possède que l'histoire rapportée par différents collègues présents à l’époque. Ce qui est certain c'est que le sujet est resté teinté d'un certain tabou et malaise au sein de l'équipe. Un collège évoquait douloureusement un flou dans la réponse des éducateurs présents, lui donnant ainsi le sentiment d'un renforcement de la pensée et parole assez abjecte des garçons vis à vis de la jeune fille concernée. D'autres collèges m'ont fait part de leurs doutes face à ce sujet : " Peut-on considérer qu'il y a viol si la fille ne dit pas non de manière intelligible ?". Ce qui est certain, c'est que les auteurs de ce type d'actes n'ont pas acquis ne serait-ce que le minimum de bases concernant la relation à l'autre et en particulier la relation au sexe opposé. Le désir, l’envie, le souhait de l’autre, le partage de ces notions qui forme le respect de la relation, autant de notions fondamentales dont certains jeunes n’ont malheureusement aucune conscience. L’autre est un objet, comme la petite voiture quelques années auparavant était un jouet. Le tout est de le posséder. Face à ce constat, il est capital que la parole éducative soit claire et dégagée de tout doute subjectif. Les jeunes recherchent souvent un consentement de l'éducateur (et de l'adulte en général) face à leurs actes, si la réponse ne s'inscrit pas dans un cadre suffisamment clair, ils s’emparent du vague pour légitimer leurs postures. Enfin, il est un paradoxe qui joue un rôle important face à un tel contexte, il s'agit du respect de l'anonymat, un des principes fondateurs de la prévention spécialisée. Or, si la plupart des éducateurs refuseraient de parler, même sous la torture, lorsque le professionnel (tout comme chaque citoyen) a connaissance d'un crime, il est tenu d'en référer à la justice, acte suprême de trahison pour l'éducateur de prévention spécialisée qui méprise souvent lui-même l'appareil et les officiers de justice ! Il est également évident que lorsqu'une telle situation se produit, le club de prévention ne peut plus ensuite exercer sur le quartier ; la confiance est rompue et les représailles peuvent rapidement s'exercer à l'attention des éducateurs. Face à cette complexité, l'éducateur semblerait parfois préférer ne pas savoir (c'est-à-dire faire en sorte de ne pas avoir connaissance de telles situations). Or peut-on se satisfaire d'une question de terrain aussi insuffisamment posée et appréhendée ?

Dans cette heureuse ambiance et pour donner le plaisir à certain de pouvoir taxer mon propos de stigmatisation, on peut également se demander quel est l'accueil réservé aux homosexuels dans les quartiers ? En fait, la question ne se pose pas puisqu'il n'y a pas d'homosexuels dans les cités, vous répondrais-je ! Jeu d'esprit de ma part ? Pas totalement, juste un sentiment ambiant. Le "pédé" est si haï qu'on en parle finalement assez peu, persuadés que sont probablement les jeunes qu'il ne peut y en avoir parmi eux. Le "péd.", dans la cité mérite encore moins de considération qu'une femme dans la mesure ou il trahi la virilité. En ce sens, il est méprisable. La sexualité féminine étant probablement inimaginable sans son pendant masculin, l'évocation de l'homosexualité féminine dans ce contexte, s'apparente à un désert aride et dépeuplé de toute forme de vie. Du côté des éducateurs, un peu plus d'espoir, quelques formes primaires de vie sont à remarquer, les professionnels semblent en effet au courant de la possibilité d'existence de "telles petites choses" parmi leur public et sont prêts, si nécessaire à en parler. Toutefois quelques bémols viennent obscurcir le paysage idyllique, sur plusieurs collègues, l'un d'entre eux pense que l'homosexualité n'est pas un "acte normal", tandis qu'un autre estime "qu'ils ont le droit de vivre" mais loin de lui. Comme quoi, la tolérance est, elle aussi, sélective ! Je ne me permettrai pas toutefois de faire de cette "petite" expérience de terrain une généralité qui me vaudrait l'accusation justifiée de grossir le trait !

Enfin, une petite pensée à tous les frileux de la stigmatisation caricaturale : "bien sur, l'amour dans les quartiers, ce n'est pas que cela !" mais il se trouve que c'est tout de même le quotidien de mon travail d'éducatrice !

L'EDUC.

20/06/2006

Eduquer : "Accompagner à devenir soi-même ?"

Foret_amazonienne_6   Le droit à la différence, le voeux, dans un contexte sociétal de globalisation est peut-être pieux mais je fais toutefois un pari : chaque parent, avec ses possibles et limites, ses forces et fragilités, ses peurs, ses croyances et sa volonté, ses beautés et sa part de laideur, ses douleurs et instants de bonheur, chaque père et chaque mère, dans le quotidien ou dans l'absence, tout parent, aime son enfant.

Chacun possède alors les ressources nécessaires pour accepter que son gamin devienne tout simplement lui-même.

L'EDUC.

LE METIER D'EDUCATEUR SPECIALISE

PROGRAMMES EUROPEENS A L'EDUCATION ET LA FORMATION

DES COURS SINGULIERS

  • SCULPTURE POUR LES PETITS
    Un stage pour les 4-11 ans autour des techniques de sculpture. Tous les samedis. 10h30 ou 11h30 pour les 4-6 ans ; 14h30 ou 16 h pour les 7-11 ans. Tarif : 6,50 euros la séance. A partir du 30 septembre 2006. Musée Bourdelle, 18, rue Antoine-Bourdelle, 15è. Métro Montparnasse. Réservation : 01.49.54.73.91
  • ATELIERS DE CUSTOMISATION
    ADOS : Orchestrés par une équipe de pros. Les jeunes (à partir de 8 ans) apprennent à couper, coudre et ajuster boutons, perles et strass sur leur vieux jean préféré. Atelier customisation chez Factor Céleste : 38, rue Quincampoix, 4è. Métro Rambuteau. Le samedi de 15h à 19h. Tarif : 20 euros. Tél. : 01.42.77.12.46

DVD

  • "LES ADOS EN QUESTIONS"
    Trois films documentaires pour aborder cette période à travers les questions du comportement, du langage, des émotions et surtout, du dialogue avec l'adulte. Référence : V33003Z5, 60 euros. Pour commander : www.chrysis.com

CULTURE ET LOISIRS

AUDIENCE DE L'EDUC

ILS REFERENCENT L'EDUC

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